Calculer un cadastre solaire à partir du LiDAR HD
Comment nous transformons un nuage de points LiDAR HD de l'IGN en carte d'irradiance des toitures, bâtiment par bâtiment.

Le programme LiDAR HD de l'IGN met à disposition un nuage de points de toute la France métropolitaine, à une densité d'environ 10 points par mètre carré. C'est une matière première remarquable pour estimer le potentiel photovoltaïque d'un territoire — à condition de savoir la préparer.
De la dalle brute au modèle de surface
Le traitement se déroule en trois temps :
- Récupération des dalles couvrant la zone d'étude, au format
.copc.laz. - Classification et filtrage des points : on ne garde que le sol et le bâti.
- Génération d'un MNS (modèle numérique de surface) rasterisé à 50 cm.
Le choix de la résolution n'est pas neutre : à 1 m, on perd les petites toitures et les superstructures. À 25 cm, le temps de calcul explose pour un gain marginal.
Le calcul d'irradiance
Une fois le MNS produit, l'irradiance se calcule avec r.sun (GRASS GIS), qui intègre sur
l'année la position du soleil, les masques de relief et l'ombrage porté par les bâtiments
voisins.
r.sun elevation=mns aspect=aspect slope=slope \
glob_rad=irradiance_annuelle day=172 step=0.5
Le résultat est un raster en kWh/m²/an que l'on croise ensuite avec le parcellaire cadastral pour agréger la valeur par bâtiment.
Ce que la carte ne dit pas
Une irradiance élevée ne signifie pas qu'une toiture est équipable. Il reste à croiser avec :
- la structure porteuse et son état ;
- les contraintes patrimoniales (abords de monuments historiques) ;
- le raccordement réseau disponible.
C'est précisément là que le SIG devient un outil de décision plutôt qu'une simple image : la carte ouvre la discussion, elle ne la clôt pas.